Ces 2 outils numériques qui vous feront gagner l’élection

Les réseaux sociaux et les logiciels de stratégies de campagne électorale sont déterminants pour remporter les municipales 2020 et toutes les élections qui suivent. Pourquoi ? Pouvez-vous continuer à gagner comme vous l'avez toujours fait ? Pas si sûr...

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Ci-dessus : traditionnellement, les candidats faisaient les marchés pendant chaque campagne électorale. Carte postale ancienne, Bordeaux (Gironde) source site www.cparama.com

OUTIL n°1 : réseaux sociaux, mes réserves de voix

Aujourd’hui, les canaux de communication s’appellent Facebook et YouTube (les deux principaux) et ils sont ouverts 24h/24h ! Ces deux acteurs sont les médias d’information quasi-exclusifs des 15-44%. Alors faites le calcul rapide pour votre commune.

Récemment, j’ai accueilli des stagiaires âgés de 19 à 24 ans dans mon entreprise. Ces jeunes votants sont étonnants tellement leur regard critique est affûté, tellement les communications institutionnelles classiques ne les atteignent pas ! À leurs yeux, Facebook est déjà dépassé, ce qui ne les empêche pas d’être sur Facebook de manière quotidienne… ainsi que dans une large mesure leurs parents et grands-parents !

Mais jugez par vous-même : interrogez des 15-44 ans de votre entourage, testez votre communication actuelle sur les réseaux sociaux.

Sinon, quel est le risque ? C’est de perdre la face !

En 1996, le sympathique président Chirac découvrait la souris informatique raconte le livre “Chirac – Entre perles et culture” – Guy Baret – Éditions du moment

Et si la réponse n’était pas celle que vous croyez ? Il va falloir créer du lien, utiliser Facebook et YouTube pour se rapprocher de l’électorat. Et pour cela, il va falloir utiliser des principes de narration proches de vos électeurs, et notamment la spontanéité !

Il faudra également augmenter le volume de contenus : avec des stories éphémères (ces publications disparaissent généralement après 24 heures), il faudra sortir beaucoup, beaucoup de contenus…

OUTIL n°2 : l’outil de gestion de campagne

A quoi ça sert ? A construire vos stratégies électorales puis les mettre en œuvre avec votre équipe comme n’importe quelle entreprise. Beaucoup d’entre vous sont des habitué(e)s des campagnes électorales. Il est temps de prendre la mesure de votre époque.

Vos concurrents directs utilisent déjà des solutions du type R3CIT de POLIGMA (à l’origine du site candidats2020.com). Vous êtes déjà dans une situation de désavantage, dans une bataille déloyale, dans laquelle vos adversaires ont déjà plusieurs coups d’avance. Un exemple sur le terrain : vous rencontrez Claude Martin par hasard. La personne vous affirme son soutien, vous donne son e-mail et son téléphone.

Dans un cas, vous écrivez les coordonnées de Claude sur votre agenda. Vous faites passer l’info à la prochaine réunion à la personne qui gère la base des contacts. Il s’écoule des jours, il faut retrouver Claude sur la carte de la commune et identifier le bureau de vote.

Ci-dessus : en 1988, l’eau courante est installée dans cette bastide, qui passe alors de 0 à 4 toilettes. C’est la même chose pour vous : si vous refusez d’utiliser les outils de 2019, vous partez avec un désavantage. Photo : François Abbe – PASSADOC

Dans l’autre cas, vous recherchez Claude directement dans votre solution numérique. Elle reçoit un e-mail automatisé lui demandant son consentement pour faire partie de vos contacts réguliers dans le cadre de la campagne (RGPD oblige), elle valide ses coordonnées, vous l’invitez à la prochaine réunion de quartier, vous lui transmettez des informations précises à jour correspondant à son profil et vous gardez la trace de cette communication ciblée.

La conclusion est sans appel !

Une tête de liste peut-elle échapper à la révolution numérique ?

Mon père a 75 ans. C’est un baby-boomer comme bon nombre de candidats et candidates aux municipales. Depuis quelques années, je le sensibilise, le forme à utiliser l’essentiel des outils numériques (e-mail, internet, Facebook). “Tout ça, ça m’emmerde” m’a-t’il dit. Vous le pensez aussi ? J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne nouvelle, c’est que vous avez le droit de dire NON à l’usage des outils numériques. Vous allez certainement vous entourer des bonnes personnes. La com’ sur les réseaux sociaux sortira à travers le filtre de ces talents. On vous relayera les infos des concurrents, vous donnerez vos instructions pour les contrer… et tout ça jusqu’à fin mars 2020. Mais au final, vous serez un suiveur de l’agenda politique construit par vos concurrents, plutôt qu’un leader qui fait l’agenda.

Les pics d’échanges sur les réseaux sociaux les soirs et week-ends vous placeront dans un tel niveau de stress que même un vieux marc de Banyuls n’y pourra rien (l’abus d’alcool est dangereux pour la santé) !

Récemment lors d’une inauguration, une élue m’a rapporté qu’elle était en train d’éteindre le feu avec son smartphone suite à un Tweet incendiaire. C’est son premier mandat politique et elle n’est pas déçue me confie t’elle. Cet article d’où est issu ce visuel décrypte le processus d’escalade sur Twitter.

La mauvaise nouvelle est en fait une super nouvelle pour les citoyens. Vous acceptez d’utiliser vous-même un minimum les réseaux sociaux. Vous allez vous ouvrir à ces 15-44 ans et tous les autres que vous ne croiserez pas autrement ! Vous allez construire du lien, fédérer les électeurs autour de votre projet politique. Ce qui est sûrement une excellente idée pour récupérer les 42% d’abstentionnistes (moyenne aux municipales de 2014). Une fois élu(e) en mars 2020, vous continuez sur vos bonnes pratiques.

Et comme vous avez un grand cœur et qu’on vous a “bassiné” avec ça, vous en faites profiter toute votre équipe de campagne. Vous formez les fidèles au fil de l’eau aux bonnes pratiques sur les réseaux sociaux. Votre garde prétorienne gère la campagne grâce au logiciel de stratégie politique et au suivi des réseaux sociaux. Vous démultipliez ainsi vos forces grâce à cette armée numérique pour (re)conquérir votre territoire politique.

Chiche ? Allez, contactez moi !

 

Campagnes électorales des villes, campagnes électorales des champs

 « Le processus de professionnalisation des campagnes électorales dans les grandes villes, caractérisé par le recours croissant, mais non systématique, à des entreprises privées de communication (agences de marketing politique, instituts de sondages, etc.) , s’opposerait alors à la permanence de l’« amateurisme » rural. Or, depuis plusieurs décennies, les territoires ruraux connaissent de profondes restructurations sociales et politiques qui invitent à réinterroger la spécificité des pratiques de mobilisation à l’œuvre en leur sein. » 

Des maires en campagne(s), Transformations des répertoires de mobilisation électorale et des registres de légitimité politique dans les mondes ruraux,

Sébastien Vignon, Volume 29 – n° 113/2016, p. 17-42, POLITIX

L’excellent article de Sébastien Vignon présentant les résultats de son enquête menée en Picardie à partir de l’élection municipale de 2014 en territoire rural est riche de nombreux enseignements.

Dans les échanges avec les maires sortants et candidats aux élections dans les territoires ruraux pour la campagne des #municipales2020, nous constatons effectivement une très nette inflexion des approches traditionnelles de la gestion des campagnes électorales en raison des facteurs de recompositions sociales et démographiques soulignées par ce chercheur en Science politique à l’Université Jules Verne d’Amiens :

  • Déclin des catégories socioprofessionnelles liées au monde rural, agriculteurs-exploitants, artisans et commerçants au profit des cadres et professions intellectuelles supérieures et professions intermédiaires.
  • Montée de l’abstention des électeurs néo-ruraux moins enclins à la participation électorale en raison d’une moindre implication dans la commune de résidence liée à une distance plus importante entre lieu de résidence et lieu d’activité par exemple ou d’un contrôle social traditionnel qui exerce une moindre prégnance sur les comportements.

Comme le souligne ce chercheur, « une dépréciation tendancielle des formes ” personnalisées” de conquête des suffrages contraint les prétendants à la mairie à (re) construire une transaction électorale sur de nouvelles bases ». Les candidats doivent construire une nouvelle offre électorale qui combine à la fois la proximité avec les électeurs, la capacité à montrer leurs capacités managériales et en évacuant un lien partisan trop marqué.

85% des maires interrogés annoncent avoir eu recours à différentes techniques de mobilisations électorales.

De façon plus étonnante encore dans les échanges avec les maires-sortants ou les candidats dans ces communes “rurale”, nous constatons effectivement la montée en puissance des techniques empruntées aux zones urbaines: porte-à-porte, recherches des leaders d’opinions, réunions “tupperware”, communiqués de presse, réunions publiques, réseaux de soutien et même l’utilisation de techniques numériques avancées. Ces stratégies électorales sont d’autant plus importantes que la concurrence politique est forte. Certains outsiders politiques ont même recours à des communicants et stratèges électoraux ce qui n’est pas sans poser le problème du financement des campagnes sur des communes où les dépenses ne sont le plus souvent pas remboursées (seuil de 9 000 habitants en population légale).

Comment faire le lien avec les nouveaux électeurs en territoire rural et périurbain ?

C’est à une véritable “situation d’inadaptation” à laquelle la génération traditionnelle des maires ruraux est confrontée. Il n’est plus possible de compter sur les ressorts traditionnels de la vie politique rurale et s’impose la nécessité de construire une communication politique qui croise la proximité avec les électeurs et la capacité à gérer le commun en combinant les intérêts locaux avec les réseaux supra-communaux. Les candidats aux #municipales2020 sur ces territoires ruraux et périurbains doivent donc adapter leur offre politique de manière segmentée et avoir recours à des outils qui amélioreront leur rendement électoral.